Il existe une preuve irréfutable que les règles ne suffisent pas à faire fonctionner une organisation : la grève du zèle.

Quand les travailleurs veulent bloquer un système sans enfreindre la loi, ils appliquent le règlement à la lettre. Pas de débrayage, une obéissance parfaite. Et tout s’arrête !

Le travail vivant

Travailler, ce n’est pas exécuter. C’est combler l’écart entre ce qu’on vous demande de faire et ce qui doit réellement se passer.

L’opérateur qui sent la panne avant les capteurs. L’infirmière qui adapte le protocole au patient réel. Le développeur qui sait que le code “fonctionne” mais ne tiendra pas. Ce n’est pas de la désobéissance. C’est le travail lui-même. Ce qu’on appelle le “travail vivant”.

Travailler = coopérer = tricher

Appelons les choses par leur nom : le vrai travail, c’est de la triche permanente. Tolérée et nécessaire. Niée par ceux-là mêmes qui en bénéficient.

Et c’est dans cette triche que la coopération est née. On ne coopère pas en suivant les mêmes règles, mais en trouvant ensemble comment contourner ce qui ne marche pas. Ces arrangements transmis entre pairs, jamais dans les procédures, sont le produit d’une délibération clandestine.

Un système qui ne tolère aucun écart par rapport au prescrit est un système qui ne peut plus apprendre.

Et maintenant, il y a des agents IA qui font exactement ce qu’on leur dit…