Deux fois par mois a Orleans, un groupe se retrouve avec des carnets de croquis pour les Urban Sketchers. Le plus grand defi n’est ni la perspective ni le melange des couleurs. C’est le lacher-prise.

Les debutants veulent tout controler. Ils attrapent la gomme. Ils se figent, de peur de s’engager. Le croqueur experimente ? Il embrasse le trait “faux”. Il travaille avec les accidents. Il fait confiance au processus.

Les developpeurs ont le meme probleme. On veut voir chaque ligne. L’idee de laisser une IA ecrire du code pendant des heures, sans supervision ? Terrifiant. Pourtant Boris Cherny, createur de Claude Code, a partage ses statistiques : 259 PR, 40 000 lignes ajoutees en 30 jours – le tout ecrit par Claude tournant en autonomie.

La competence, ce n’est pas le prompting. C’est le lacher-prise.

Lacher-prise =/= abandonner

Le lacher-prise n’est pas de l’abandon. C’est de la confiance preparee.

Avant de croquer, je choisis ma composition, je decide ce que je veux mettre en valeur, j’accepte ce que je vais ignorer. Avant le mode YOLO, on ecrit un plan clair, on met en place des garde-fous, on definit les criteres de reussite.

Dans les deux cas, le travail se fait avant le lacher-prise. Le lacher-prise se merite.

L’improvisation jazz. La peinture gestuelle de Pollock. L’“instant decisif” de Cartier-Bresson. Chaque forme d’art a ca : on prepare, puis on relache. Le code n’avait jamais connu ca. Jusqu’a maintenant.

Un nouveau medium

Chaque technologie – la photographie, le cinema, l’art numerique – a exige des artistes qu’ils developpent de nouvelles relations avec le controle. Ce qui emerge aujourd’hui, ce n’est pas “l’IA fait de l’art”. C’est l’humain + l’IA autonome comme medium collaboratif.

Le role de l’humain passe d’executant a compositeur de contraintes. On concoit le systeme, on definit les limites, puis… on lache prise.