Le digital, c’est comme un torrent sans fin. Loin d’être un long fleuve tranquille, il s’infiltre même là où on ne l’attend pas. Résultat : certaines entreprises écopent de toutes parts. Mais sans colmater les fuites, l’effort est sans fin et l’issue inévitable.

L’ubérisation est une leçon pour notre monde. Une réponse brutale à l’inaction, aux collusions néfastes, à l’incapacité de traiter les vrais problèmes. Elle résout l’équation impossible et, comme l’eau, a horreur du vide.

À ceux qui voient ce phénomène comme un fléau, je leur dirais qu’on ne se fait pas « ubériser » par magie. L’ubérisation corrige les défaillances d’un marché et de ses acteurs.

Par sursaut d’orgueil, la transformation digitale sera sans doute le mot-clé de l’année. Il faudra donc écoper quelle que soit la taille du navire ou l’ampleur des dégâts.

On va « digitaliser » à tout-va. Cela mettra en lumière, je l’espère, les véritables difficultés auxquelles les organisations et leurs collaborateurs font face. Car ce sont eux qui en porteront le fardeau. Et rappelons qu’il y a encore trop d’employés désengagés au travail. La lune de miel est terminée, le divorce est consommé, et la réalité est brutale :

  • Inégalités de toutes sortes
  • Carences managériales
  • Pression induite par le digital
  • Vélocité permanente
  • Etc.

Par peur d’être ubérisées, de nombreuses organisations se lanceront dans une transformation que peu maîtriseront. Une large majorité fera ce parcours sans véritable incarnation, vérité, transparence ni confiance.

Résultat attendu : une transformation ratée, permettant aux ubers de demain de répondre aux attentes d’un marché que les acteurs historiques ne maîtrisent plus.

Comment renverser la tendance ? Sauter le pas, cesser d’avoir peur et avancer vite. L’enjeu ? Se transformer ou mourir.

Faut-il innover ? Absolument. Mais pas uniquement dans les services que nous proposons. Mettez toutes vos forces dans vos moyens d’action, votre organisation, vos principes de management. Fini la rigidité organisationnelle, fini le temps de la réflexion sans fin, fini le command & control — place à l’action, au courage, au bricolage et au plaisir de travailler.